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Interview, Parteipolitik

Nicolas Schmit: «J’en ai marre de ce système!»

Nicolas SchmitNicolas Schmit revient sur le «complot» ourdi contre lui en 2011 et dit être dégoûté par un système «capable de broyer les gens en toute impunité». Le ministre du Travail et de l’Emploi dit posséder suffisamment d’éléments pour étayer la thèse du complot, rapporte Geneviève Montaigu pour Le Quotidien.

Dans la salle surchauffée du centre culturel de Mertert, un vendredi soir caniculaire, le ministre du Travail et de l’Emploi, Nicolas Schmit, a exprimé sa colère suite à une interview accordée au Wort par le Premier ministre, Jean-Claude Juncker. Ce dernier, qui revenait sur la «trahison» des socialistes, les a qualifiés d’«ingrats» alors qu’il les a toujours défendus et protégés.
 
Dans cet entretien, il a cité l’exemple de Nicolas Schmit qu’il a sauvé de «profondes difficultés privées», en se référant à l’affaire de son fils, convoqué par des policiers à un interrogatoire suite à un contrôle routier au cours duquel le jeune homme aurait outragé les policiers.
 
Quoi qu’il en soit, cette affaire a vite fuité et le rapport de police qui n’aurait jamais dû sortir des murs du commissariat et du parquet s’est retrouvé sur la toile. «Une demi-seconde plus tard, un jeunot du parti chrétien-social réclamait ma démission!», rapporte le ministre qui, vendredi soir dernier, évoquait ni plus ni moins, lors du congrès électoral de la circonscription Est du LSAP, qu’un complot ourdi contre lui. «Les mêmes jeunes chrétiens-sociaux n’ont pas réclamé la démission de Luc Frieden accusé par des représentants du parquet d’être intervenu dans l’affaire du Bommerleeër, note encore le ministre socialiste. Si les socialistes étaient des ingrats, ils auraient demandé la démission de Luc Frieden!», réplique Nicolas Schmit.
 
«Un État qui falsifie, dissimule, manipule et oublie au nom de la raison d’État n’est pas démocratique!», observait Nicolas Schmit sur Twitter. Et il n’en démord pas. Aujourd’hui, le Premier ministre dit l’avoir sorti d’une mauvaise passe alors que l’intéressé aimerait davantage savoir comment il est arrivé dans cette mauvaise passe.
 
La jeune policière qui a rédigé le rapport n’a plus jamais refait surface et quand Nicolas Schmit a voulu la rencontrer estimant que le rapport contenait des contrevérités, il lui a été répondu qu’elle était en maladie.
 
«Juncker m’a interdit de prendre la parole!»
 
«C’est trop facile, vous mettez quelqu’un dans une mauvaise passe et ensuite vous le sauvez généreusement pour qu’il vous soit redevable, exprime-t-il dans un entretien accordé hier au Quotidien. Je ne suis redevable qu’à moi-même», poursuit-il, avec de la lassitude dans la voix, pressé d’en finir avec cette histoire qu’il n’a plus envie d’évoquer à l’avenir.
 
«Je dis ce que je pense être juste.» Dans cette affaire, «entièrement montée», selon lui, il aimerait que Jean-Claude Juncker se taise ou qu’il dise, au contraire, les choses clairement : «Il m’a interdit de prendre la parole à la Chambre, préférant aller seul me défendre», précise-t-il. Il déclare avoir des éléments suffisants pour démontrer que toute cette affaire ressemblait fort à un complot. Pourquoi?
 
«C’était juste après le congrès extraordinaire des socialistes qui s’est tenu à Moutfort et au cours duquel j’ai critiqué le plan d’austérité présenté par le ministre des Finances, Luc Frieden, qui n’a apporté aucun élément aux membres du gouvernement pour étayer ses conclusions», raconte-t-il.
 
Aux policiers, qui l’ont accusé de les avoir menacés en tant que ministre lors d’un interrogatoire, il aurait dit simplement qu’eu égard aux reproches qui étaient retenus contre son fils, la police utilisait mal ses moyens. Six policiers étaient présents pour un interrogatoire qui portait sur une banale affaire d’outrage.
 
Et il tacle Jean-Claude Juncker : «Je n’ai pas couvert de trafics de voiture, d’espionnage, de complot contre un procureur, et je n’ai exercé aucune pression sur des procureurs», se défend-il pour ramener les choses dans une plus juste proportion.
 
L’inspection générale de la police qui avait été chargée de connaître l’origine de la fuite du rapport interne «n’a jamais rien sorti», observe Nicolas Schmit.
 
Des rapports de police qui condamnent alors qu’ils ne doivent qu’établir les faits, «c’est de la rigolade», juge-t-il avant de s’en prendre au déferlement médiatique qui le stigmatisait à l’époque des faits, en janvier 2011.
 
«Il est temps de mettre fin à ces pratiques-là. Ce qui est arrivé au procureur Robert Biever c’est encore plus ignoble! J’en ai marre de ce système, je veux un État où les gens soient respectés. Quand on sape les fondements de l’État de droit et qu’on ne sanctionne pas derrière, c’est la fin du politique. Si le politique n’assure pas les bases de l’État de droit, ce n’est plus la démocratie», conclut-il, d’une voix lasse.

(Source: lequotidien.lu)

Diskussionen

3 Gedanken zu “Nicolas Schmit: «J’en ai marre de ce système!»

  1. Nicolas Schmit a courte mémoire, car les Jeunes Socialistes ont demandé la démission de Monsieur Frieden. En ce que concerne l’affaire Frieden/Biever, je crois que tout le monde a vu qu’à la suite du procès „Bommeleeër“ et après les discussions dans la chambre, cette affaire c’est minimisée assez rapidement en un petit rien.

    J’étais d’avis à l’époque et je le suis encore aujourd’hui que ni l’affaire Schmit et bien sûre non plus l’affaire Frieden doivent demander des suites politiques. Bien sûr, dans les deux affaires les protagonistes principaux ont agi d’une manière infortunée, mais de cela exiger la démission de l’un ou de l’autre aurait été contreproductif.

    Entre nous, je trouve beaucoup plus grave les manipulations de Monsieur Schmit concernant les dates de publication des rapports des audits respectives des comptes des initiatives d’emplois „Objectif Plein Emplois (OPE)“ et „ProActif“ . Le timing était choisi de telle manière pour faire le plus de dégâts aux candidats membres du LCGB, notamment Robert Weber, pour les élections communales. Aujourd’hui, le résultat est connu: l’initiative proche de l’OGBL (et donc des protagonistes socialistes) OPE a du cesser ses activités, et „ProActif“ est certes toujours en difficultés, mais opérationnelle.

    Verfasst von Lucien | 01.08.2013, 01:52
    • Réponse à „Lucien“: Votre mémoire me semble encore plus courte que celle dont vous accusez Nicolas Schmit.
      Quelque 20 lignes plus bas qu’il dit : “ «Les mêmes jeunes chrétiens-sociaux n’ont pas réclamé la démission de Luc Frieden…“ vous lui reprochez en début de votre message qu’il “ a courte mémoire, car les Jeunes Socialistes ont demandé la démission de Monsieur Frieden.“
      Il y a fort heureusement une nette différence entre lesjeunes du CSV et les jeunes Socialistes.

      Du reste, je trouve que N.S. compare dans le Quotidien très bien „son“ affaire et l’affaire de cet Etat CSV des derniers mois!

      Verfasst von wirtzepol | 01.08.2013, 10:06
      • Vous me semblez être, au moins pour le principe, un peu lourd en compréhension. Bien sur, il y a une différence entre le CSJ et les jeunes socialistes, comme il y a une différence entre le LSAP et le CSV. Et Monsieur Schmit est membre du LSAP et Monsieur Frieden est membre du CSV. Les jeunes du CSV ont demandé la démission de Schmit et les jeunes du LSAP ont demandé la démission de Frieden.

        Verfasst von Lucien | 02.08.2013, 23:29

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